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Pierre Thoma (CH)

«Wagòn»

Live - Electroacoustique

15'

SAMEDI 22 NOVEMBRE 2014

BÂTIMENT DES FORCES MOTRICES

Compositeur suisse passionné par le son «naturel» des choses, qu’il tisse pour en produire des mirages sonores, Pierre Thoma nous fait le plaisir d’investir le Bâtiment des Forces Motrices avec une pièce inédite, Wagòn, composée uniquement à partir de la voix humaine, celle d’un rescapé du camp de concentration de Buchenwald. Un concept puissant, qui prendra une envergure toute particulière en multidiffusion.

Tram, cave à vin, nature, rue… Tout lieu est bon pour aller à la pêche aux sons. Et tout son, pour Pierre Thoma, est matière à composition. Il en va de même pour la voix humaine, qu’il travaille avec d’autant plus de prédilection qu’elle reflète, pour le compositeur, la profondeur-même d’une personnalité. C’est donc cette voix qui est au centre du projet Wagòn, mis en musique avec comme seul matériau sonore la parole d’un rescapé des camps de concentration. Interné à Buchenwald à l’âge de 14 ans et aujourd’hui universitaire de 84 ans à la retraite, Yeshayahu Nir y récite, en slovaque – sa langue maternelle – l’un de ses textes évoquant la déportation et sa vision actuelle des choses. La voix est ensuite coupée, copiée et mixée, sans autre forme de traitement ou d’ajout, pour donner lieu à des sons qui, ainsi travaillés, peuvent être identifiés ou non, soulignant les interrogations du compositeur sur la réalité, son accès et sa perception.

Wagòn se décompose en 3 parties: le choc de l’arrestation et de la déportation, où les sons deviennent des mots entiers, avec des notions telles que «sans», «jours et nuits», «des gens comme toi et moi»; viennent ensuite l’internement, le froid et la privation, et des intonations qui évoquent des éléments essentiels à la survie du corps, comme la respiration et la déglutition; enfin, la vie après la libération, avec des mots d’espoir tels que «lumière», «silhouette d’une fleur» ou «beauté de la vie»…

[photo] © Copyright Sylvia Kamm